Banque Publique

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Privatiser vient du mot latin ‘privare’ qui veut dire spolier...

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Citations

Jo Cottenier – service d’étude du PTB

« Les faits indiquent la nécessité d’une banque publique, mais cette idée est encore trop peu défendue. » « Comment cela se fait-il ? En Irlande, la nationalisation des banques est utilisée comme recours afin d’aider une banque capitaliste en période difficile. Et souvenez-vous de Fortis qui a été provisoirement nationalisée et qui, finalement, a été revendue à PNB Paribas. Cette dernière a racheté les réseaux pour une bouchée de pain et en tire le plus grand profit. Il va de soi que nous ne plaidons pas ici en faveur de ce genre de banques publiques. D’après nous, une banque publique est une banque qui travaille d’après une autre méthode et qui va à l’encontre de la logique de marché du secteur bancaire traditionnel. Elle est axée sur des projets sociaux et mène une autre politique de crédit. Danny Carleer, militant du PTB, a créé un très bon site web à ce sujet, www.openbarebank.be, qui fournit chaque semaine différents arguments pour la défense d’une telle banque publique. »

Jo Cottenier – 13-12-2010

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Dominique Willaert – Victoria Deluxe

Ce site web offre une vision élargie et pertinente du monde des grosses fortunes. Il est surprenant que tout ce qui a généralement trait à ce sujet soit subtilement tenu hors du débat public. Le plaidoyer pour une banque publique qui se base sur une solide argumentation contient également un plaidoyer en faveur d’une autre politique ! Actuellement, la sous-classe et la classe des travailleurs sont disciplinées tandis que les institutions financières restent, en majeure partie, hors d’atteinte. Le plaidoyer en faveur des banques publiques tend à garder à l’œil le monde des flux financiers et à le taxer. De cette manière, cela contribuera à une redistribution plus fondamentale.

Dominique Willaert – 20-11-2010

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Hugo Van Dienderen – Groen!

Je me retrouve tout à fait dans l’action menée pour une banque publique. Celle-ci peut gérer des épargnes en toute sécurité et aider l’économie locale à des crédits avantageux grâce à l’argent amassé. Une banque doit mettre l’accent sur des critères comme la durabilité, la plus-value sociale et l’écologie pour ses produits et dans ses initiatives. Elle peut effectuer la transition vers une économie verte. La banque publique peut également être responsable de l’alimentation de fonds qui répondent d’investissements publics durables. Par exemple, elle peut lancer un emprunt populaire pour renforcer un fonds fédéral unifié pour l’économie d’énergie. Cet emprunt serait une activation utile des 200 milliards d’euros d’économies dormantes des familles belges. Étant donné que le revenu sur les comptes épargne est même actuellement tombé en dessous du taux d’inflation, un emprunt public peut être un placement intéressant et sur dans l’avenir de son pays. Cet emprunt serait progressivement remboursé grâce aux économies d’énergie réalisées selon un système de tiers investisseur. En tant qu’institution à but social, cette banque peut « honnêtement » influencer les autres banques en se comportant elle-même en tant qu’acteur honnête aux produits intéressants. En tant que président de Groen!Plus, les aînés du parti Groen!, cela me fait plaisir que la création d’une telle banque soit dans le programme fédéral écologique.

Hugo Van Dienderen – 08-11-2010

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Tine Van Rompuy – LBC – Witte Woede

Nous avons assisté à une énorme crise bancaire et le danger n’est pas encore écarté, car la crise économique n’est pas encore derrière nous. Partout dans le monde, les États ont sauvé les banques privées avec l’argent du contribuable, c’est-à-dire de vous et moi. Et tout ceci alors que ces mêmes banques avaient auparavant magouillé avec notre argent.

Les autorités n’ont acquis aucun contrôle sur ces banques, la misère peut donc recommencer. En retour, les banques font de sérieux profits, mais le contribuable n’en voit pas la couleur, au contraire : tous les gouvernements disent qu’il faut faire des économies. Pas sur le dos des riches banquiers naturellement, ceux-ci continuent de rafler les bonus, mais bien sur le dos des citoyens ordinaires : partout en Europe, les gouvernements rabotent les pensions.

L’économie est à la base du bien-être social. Les banques jouent un rôle économique trop important pour que leur direction soit laissée à l’unique intérêt personnel des actionnaires.

Une banque publique permet à tous les actionnaires de s’impliquer dans la direction financière. Il existe différentes manières de donner voix au chapitre à toutes les personnes intéressées. Des décisions cruciales peuvent être soumises au conseil et à l’approbation de politiciens démocrates élus, mais également à ceux des consommateurs ou des associations de clients, des délégués des travailleurs, des organisations d’entreprises, des délégués du milieu de terrain social, etc.

Nous avons besoin d’une banque publique où chacun pourra y déposer de l’argent, épargner et emprunter en toute sécurité, comme c’était le cas avant avec la CGER.

Tine Van Rompuy – 07-11-2010

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Bernard Desmet – Fonds Masereel

Banque privée, banque publique

Anecdote parlante.

Quelque part dans les années soixante. Je serre très fort cinq francs dans ma petite menotte. Je les tends au maître qui sort alors un livre jaune avec une belle ruche sur la couverture et débordant de timbres rouges et noirs. Il en ajoute un nouveau. L’épargne à l’école ! Un spectacle impressionnant pour nous apprendre, à nous petits gamins, les rudiments de l’épargne sous les auspices de la CGER. C’était indubitablement un déficit pour la banque, mais c’était tout de même efficace.

Fin du siècle passé, je suis en route vers Fortis, successeure de la CGER et banque privatisée, avec ma fille. La petite a vidé sa tirelire et tient un sac plein d’euros sonnants et trébuchants avec ici et là un billet. Son papa veut lui ouvrir un compte épargne pour lui apprendre les principes de base de l’épargne. L’employé demande les renseignements, accepte le sac et déclare immédiatement que faire compter l’argent sera facturé. Il donne alors un montant, une somme énorme aux yeux d’une petite fille à qui l’on vient d’arracher les quelques cents qu’elle a longuement économisés. Rien d’étrange, rien d’étonnant, c’est juste un sens des affaires sans sentiments. Dans la banque, on ne peut pas faire un geste et il faut à tout prix faire des profits. Surtout sur le dos de petits épargnants qui, à la vue de cette gestion basée sur le rendement, ressentent plus de dégout que d’envie.

Ou comment une banque peut, sur des petits détails, avoir le pouvoir de façonner et de servir une communauté.

Bernard Desmet – 22-10-2010

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Daniël Termont – Bourgmestre de Gand.

« Malgré la crise, la politique appliquée par le secteur bancaire est de nouveau « les affaires, toujours les affaires ». Cependant, nous avons besoin d’une véritable « banque du peuple » qui retourne aux fondements du système bancaire : la gestion des épargnes, des salaires et des pensions des simples épargnants et des simples travailleurs. Cette culture « rapacière » de l’argent rapide et des risques élevés n’a pas le droit de mettre en danger les économies des gens ordinaires. »

Daniël Termont – 20-10-2010

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Marc Vermeersch – Auteur

La CGER était, façon de parler, une partie de la culture populaire. À la naissance, chaque enfant disposait d’un compte épargne sur lequel se trouvait un petit montant qui devait servir de soutien à l’apprentissage de l’épargne. (Je regrette encore d’avoir dû clôturer un jour mon premier compte épargne, c’était, d’une certaine façon, un compte rendu de ma vie). La CGER travaillait pour le bien commun et l’intérêt de tous. Vous l’avez sans doute remarqué aussi. La CGER offrait les mêmes intérêts voire plus sur un compte épargne que dans une autre banque. Vos extraits de compte vous étaient envoyés par la poste gratuitement. D’un point de vue technique, elle n’avait rien à envier aux autres banques: elle a été la première à travailler avec un système informatique performant dans chaque agence, dès les années septante, c’est-à-dire des années avant les autres banques. Il était même tellement performant que, lors de la fusion forcée de la Générale de Banque et de la CGER, Fortis a repris ce système. Je ne veux pas du tout dire par là qu’une banque publique serait, par définition, arriérée. De plus, des salaires de brigands n’étaient pas versés aux dirigeants de la CGER. C’est une pratique que Fortis a débutée après la fusion au détriment de ses propres clients: timbres facturés, contributions mensuelles, faibles rendements, mauvais conseils aux retraités. Je ne sais pas exactement combien des gens ordinaires ont perdu leurs économies chez Fortis : des dizaines de milliers ? Quelques centaines de milliers ? Combien d’employés de Fortis se sont suicidés ? Actuellement, tout le monde paie pour la cupidité et l’avidité financière de Fortis, de la KBC et de Dexia. Une nationalisation est véritablement souhaitable, mais une chose est sure : une nouvelle banque comparable à la CGER est nécessaire.

Marc Vermeersch – 20-10-2010

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Marc Tarabella

A l’arrivée du privé, les choses ont changé au sein de l’ex-CGER. Marc Tarabella (PS), ministre à la Région wallonne et à la Communauté française, se souvient: “Dès la première année, lors d’une soirée du personnel, je me souviens que l’on nous a expliqué que la nouvelle direction voulait 12% de rentabilité sur fonds propres. (…) Dans la cotation des agents, l’un des critères visait à déterminer s’ils avaient bien vendu ce que vendait la banque. Là, on a senti que le client commençait à être lésé”. Vendre tout et n’importe quoi sans égard pour le client pourvu qu’on tire 12% de rendement, voilà en quoi a consisté l’apport du privé.

Extrait de ‘Banque de la Poste, ex-pôle public bancaire belge?’ – Xavier Dupret – 12/2009 (www.gresea.be)

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Karel Stessens (Président de la CGSP) et Chris Reniers (Secrétaire générale de la CGSP)

Karel Stessens: « (…) Que remarquons-nous lorsque regardons vers le passé? Au début des années nonante, la FGTB et la CGSP se sont fortement opposées à la privatisation de la CGER. À l’époque, nous avons remué ciel et terre, mais tout le monde s’est moqué de nous. Actuellement, après autant d’années, je constate que de nombreuses personnes sont demandeuses d’une banque publique dans laquelle ils pourront placer leurs économies en toute sécurité, une fonction autrefois assurée par la CGER. En fait, nous avons donc toujours eu raison, mais c’est seulement maintenant qu’on s’en rend compte. »

Chris Reniers: « Même des voix « inattendues », non socialistes s’élèvent en faveur d’une banque publique. Malheureusement, il ne s’agit que de mots, car entre-temps, on retombe dans le « business as usual » comme avant. On n’a pas vu la couleur des promesses faites et des serments prononcés ces derniers mois. Il n’y a toujours pas de régulation et, surtout, les grands états membres se replient sur leurs idées nationalistes. Celui qui peut se sauver trouve plus de solutions pour y parvenir. Comme nous n’acceptons pas toutes les mesures aussi facilement, le cynisme est de mise. Les travailleurs ne sont pas à l’origine de la crise. Ils n’ont créé aucun marasme mondial. Leur passer la corde au cou encore une fois avec un nombre de mesures opportunistes (qui ne s’attaquent pas à enrayer la crise, qui sont dirigés contre eux et qui font taire les syndicats) nous ne l’accepterons pas. Et que ce soit clair : chaque mesure prise pour parachever les services publics va en effet va se heurter à un refus catégorique de notre part. »[…]

(Extrait d’une interview disponible sur acodonline (01-06-2009)

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Erik De Bruyn – sp.a Rood

Oui, je pense que l’État a l’obligation de s’assurer que les banques et les entreprises ne sombrent pas et que les petits épargnants et les travailleurs ne soient pas laissés à leur triste sort. Eh oui, je pense aussi que, à ces fins, le budget peut se trouver dans le rouge. Mais cela implique l’existence d’un contrôle efficace : les banques qui fonctionnent grâce à nos impôts doivent être des banques publiques et doivent suivre les critères démocratiques fixés par la communauté et pas ceux établis par les actionnaires privés. À terme, une banque publique rapporte à la communauté, et dans ce contexte, ce n’est pas vraiment un problème d’être dans le rouge temporairement. Par contre, ce qui est inacceptable, c’est ce qui se passe actuellement : nos impôts sont utilisés afin de collectiviser les pertes. C’est du socialisme pour les riches. Le dilemme néolibéral qui soutient qu’une banque doit être et sera aux mains d’un investisseur privé et que « le rôle de l’État n’est pas de jouer aux banquiers » a fait que la Belgique s’est retrouvée au pied du mur dans le dossier Fortis et a été obligée de la vendre à BNP Paribas à des conditions très désavantageuses. Le libéralisme coute de l’argent au contribuable.

Erik De Bruyn – Repris de Rooddruk – 2009

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Rudy De Leeuw – Président de la FGTB

Le président de la FGTB, Rudy De Leeuw, explique dans De Morgen (02/09) que les banques empruntent à l’État à un taux de 1%, mais prêtent quant à elles (à un tiers) à un taux de 4%. « Pour le crédit au logement social, il ne reste plus d’argent, car les banques ne veulent pas prendre leurs responsabilités et ne veulent pas réinvestir dans la société ». Le profit est la priorité et les plus faibles de la société, ceux qui sont les plus touchés par la récession, ont du mal à s’en sortir. C’est une raison de plus pour exiger une banque publique, une banque où les gens pourront placer leur argent en toute sécurité et qui l’investit dans des projets sociaux. »

Rudy De Leeuw – 02-2009

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Rik Van Bever – Ancien président de la CGSP-CGER

Beaucoup d’anciens de la CGER et les Institutions publiques de crédit (IPC) ont douloureusement assisté au terrible fiasco de Fortis. Une chose est sure : la rupture de confiance fondamentale dans le système bancaire n’est pas arrivée par hasard et ne va pas non plus disparaitre en « stoemelings ». Ces dernières années, surtout dans le secteur bancaire, la dimension et la finalité humaines ont été balancées par-dessus bord par une caste de dirigeants inabordables à l’arrogance mégalomane. Être dans le secteur bancaire, c’est et cela reste avant tout travailler avec et pour le peuple. Le principal atout, à savoir le facteur humain, aussi bien devant le guichet (client) que derrière (le travailleur), a été fortement mis de côté au profit de la dictature de l’appât du gain virtuel.

Rik Van Bever – provenant de « De mensenmaat verloren »– 09-2008

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Eric Corijn – VUB

Monsieur Votron et moi

Les déclarations du nouveau CEO de Fortis, monsieur Jean-Paul Votron, sont choquantes. Apparemment, son prédécesseur, Anton Van Rossum, était trop « conseiller » et pas assez « banquier ». C’est la raison pour laquelle ce nouveau CEO a été nommé, forte de son expérience forgée au sein de Unilever, ABN-Amro et Citybank. Pensiez-vous que sa première déclaration aurait concerné un service plus performant et moins onéreux ? Pas du tout. Il veut surtout protéger les intérêts des actionnaires et des investisseurs et donc encore engranger des profits. La norme est de 10% d’augmentation par an en termes de bénéfices entre 2005 et 2009 ! (Plus 50 % Vive le profit !). Et cela doit avant tout se faire par une épargne énorme de 100 millions d’euros. Mais qui va en faire les frais ? Le personnel flexible et les clients. C’est simple.

Je suis un de ces clients. Je suis devenu client de la CGER avec mon compte épargne à l’école. La banque publique a trouvé en la VUB, mon employeur, une succursale et a donc eu facilement accès aux comptes épargne et aux comptes professionnels. Mais ma banque a été privatisée et a fusionné avec la Société Générale[1]. Je suis donc devenu automatiquement et sans rien avoir demandé à personne, un client de Fortis qui a reçu en prêt mon salaire et mes économies. Systématiquement, les services sont devenus de plus en plus chers et les clients ont été incités à effectuer de plus en plus d’opérations bancaires par eux-mêmes (PC-banking). Le service régresse. L’agence devient de plus en plus petite, mais elle reste indispensable. Les étudiants, le personnel et beaucoup d’étudiants étrangers utilisent les comptes professionnels pour expédier de l’argent. Monsieur Votron les qualifierait de « traîne-misères ». Il y quelques semaines, Fortis nous a annoncé que mon agence allait fermer et que nous devrions nous rendre ailleurs en ville. L’agence la plus près de chez moi m’a fait savoir qu’elle allait bientôt mettre la clé sous la porte elle aussi dans quelques semaines et que je devrais donc aller chercher plus loin.

Je n’ai bien sûr rien à dire concernant la direction de ma banque. Lé démocratie économique ne se trouve pas dans les manuels des dirigeants. Je ne peux réagir qu’en tant que personne pensante et client. On dit que cette histoire illustre encore une fois la mythologie de l’économie de marché et de la privatisation : les entreprises privées sont axées sur le profit et pas sur une amélioration de leurs services. Le client est donc à la recherche d’une autre banque. Non, monsieur Votron, ça ne sera « pas en notre nom » et pas avec mon argent non plus. Et je vais en parler avec mes collègues de la VUB (parmi lesquels figurent beaucoup de clients de Fortis).

Eric Corijn – publié le 4 février 2005 – site web attacvl.


[1]NDT: Fortis Banque est née de la fusion de la CGER et de la Générale de Banque

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